Il y a 5 mois

Éditorialiste et chef du service livres du magazine elle, Olivia de Lamberterie est née et a grandi à Paris. Amoureuse des livres et des heures qu’elle passe dans sa baignoire à les dévorer, elle nous explique le lien indéfectible qui unit les parisiennes et leur salle de bains.

Olivia de Lamberterie (ODL) est interviewée par notre éditeur Basile De Bure (BDB).

Interview de madame Lamberterie autour d'un café, moment de détente

BDB – Quel rapport entretenez-vous avec votre salle de bains ?

ODL – Le seul moment calme des Parisiennes, c’est le matin dans leur salle de bains. C’est un sas avant d’aborder le monde, le bruit, où l’on peut se fabriquer une petite armure pour affronter la journée. On y puise des forces et de la confiance en soi. Aujourd’hui, toutes les pièces sont squattées par les enfants, les maris ! Le dernier refuge de la femme, c’est la salle de bains. Elle y met ses petites affaires, ses bijoux, ses grigris, son parfum, son maquillage… C’est vraiment une pièce féminine. Quand je vais dans une maison de location ou dans un hôtel, j’emporte toujours de quoi « habiller » la salle de bains : vernis, bougie, bijoux, photos…

L'élégance d'une femme qui se maquille dans un miroir

BDB – Que faites-vous dans votre salle de bains ?

ODL – Je peux passer des heures dans mon bain avec un bon livre ! C’est idéal d’avoir une grande baignoire, comme la Cléo qui est magnifique et tellement agréable, arrondie et douce. Les salles de bain sont aussi devenues des annexes du dressing. C’est là où l’on se fait belle mais aussi où l’on choisit ses boucles d’oreilles, son sac à main… Le matin, je sais assez vite comment je vais m’habiller, mais je peux essayer dix paires de chaussures avant de sortir ! C’est dans la salle de bains que l’on met la dernière touche.

BDB – Avez-vous remarqué une évolution de la salle de bains depuis votre enfance ?

ODL – Quand j’étais adolescente, c’était uniquement une pièce pour se laver. Très tôt, j’ai commencé à y mettre des tableaux, des livres, des photos de mes enfants. Les gens me disaient : « Mais ils vont être mouillés. » Aujourd’hui, c’est ma pièce préférée, une véritable « pièce à soi ». C’est délicat quand on se marie ou quand on vit en couple de ne plus avoir sa chambre, ça me manque ! Du coup, je trouve que l’intimité se déplace vers la salle de bains, on peut s’y faire une sorte de mini chambre, de cocon. C’est là que je mets mes petits objets, des images que j’aime, tout ce que je ne veux pas imposer à mon mari. C’est un endroit à la fois inspirant et intime.

Notes d'une écrivaine d'un magazine artistique et design

BDB – Quel rapport la Parisienne entretient-elle avec sa salle de bains ?

ODL – Elle peut y rester des heures, mais il ne faut pas que ça se voie ! Elle se coiffe pendant une heure, puis se décoiffe pendant les deux suivantes. Je dis toujours que s’il y a un incendie dans mon appartement, je sauve mes enfants et mon sèche-cheveux ! Le but de la Parisienne, c’est d’être elle-même, mais en mieux. Surtout ne pas se transformer ou se déguiser, mais se sublimer.

BDB – Quelle est votre définition de l’élégance à la Parisienne ?

ODL – Une belle peau, de beaux cheveux, de belles mains, de beaux pieds. Même l’hiver avec des chaussettes, des après-ski et des bottes, j’ai toujours les ongles de pieds faits en rouge vif ! La Parisienne n’est pas une femme de demi-mesure. Elle porte soit des baskets, soit des talons de 12cm ! C’est une femme de partis pris. Caroline de Maigret, Inès de la Fressange, Sarah Lavoine… Finalement, nous sommes toutes habillées pareil. Ce qui fait la différence, ce sont les détails ! On dit que Dieu est dans les détails, la Parisienne l’est aussi ! Moi mon truc, ce sont les boucles d’oreilles. Je trouve ça gai, pas prétentieux. La Parisienne n’est pas prétentieuse.Olivia, l'éditorialiste du magazine Elle nous montre sa salle de bains Jacob Delafon

BDB – Que pensez-vous du style Jacob Delafon ?

ODL – J’adore ! J’aime les couleurs, le côté graphique, les lignes épurées. C’est moderne mais pas du tout tape-à-l’oeil, le contraire du bling-bling, la vraie élégance qui dure. Quand on achète un produit Jacob Delafon, on sait que c’est pour une vie, qu’on ne s’en lassera pas. La Parisienne n’aime que les choses qui durent. C’est une de ses caractéristiques : elle se fiche de ce qui est à la mode, elle porte le même modèle de chaussures toute sa vie s’il lui va. Une baignoire Jacob Delafon, c’est comme un basique dans une garde-robe, une marinière ou un blouson en cuir. C’est intemporel.

 

 

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